Menzan et nous

Menzan Zuiho (1683–1769) 1 est une figure essentielle de l’école Sōtō Zen. Il est pourtant peu connu parmi les pratiquants en Occident, sinon comme l’éditeur minutieux de Dōgen. Ce n’est probablement pas par hasard si son œuvre la plus lue parmi les pratiquants occidentaux est sans doute le Samadhi du Bouddha (jap. Jiyu Zanmai) qui regroupe les enseignements pour laïcs. Mais Menzan Zuiho est, en réalité, bien plus que cela: il peut être considéré comme le fondateur du « Zen de Dōgen », c’est-à-dire l’initiateur de l’orientation actuelle de l’école Soto, centrée, souvent exclusivement, sur l’œuvre de Dōgen. Pourquoi ce texte de Menzan sur kinhin a-t-il un intérêt, au-delà du cercle restreint des érudits, pour les pratiquants ? Que savons-nous aujourd’hui de l’époque et l’œuvre de Menzan, dont les études récentes donnent une nouvelle image et dont le texte est traduit ici par Tenryû pour la première fois en Français ? Surtout, que pouvons-nous apprendre d’utile pour notre pratique de cette histoire ?

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La méditation marchée

Le Bouddha a dit :

« D’abord je m’assieds là où je pratique, et je me tourne vers l’arbre, puis je fais kinhin. »

On trouve-là, assurément, l’origine de la pratique de kinhin comme accompagnement de l’assise. Cette manière de pratiquer kinhin a été transmise en personne par T’ien-T’ung Ju-Ching  au fondateur de notre lignée il y a presque 500 ans. Mais les règles dans notre école se sont relâchées, et ses derniers rejetons, par ignorance, se sont fourvoyés dans des impasses hérétiques. Hélas,  comment ignorer un tel désastre ? Et cette ignorance persiste encore de nos jours !

C’est pourquoi, m’appuyant sur les intentions de notre fondateur, j’ai mené des recherches exhaustives dans les textes anciens. J’ai aussi commencé à partager le fruit de mes travaux avec des disciples, en espérant ainsi mettre fin à des dérives comme l’on peut en voir dans d’autres écoles.

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